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Chaussures orthopédiques remboursées : prescription, LPP et reste à charge

Élise Caradec 9 min de lecture
Chaussures orthopédiques remboursement : prescription, LPP et reste à charge

Les chaussures orthopédiques peuvent être remboursées lorsqu’elles répondent aux critères d’un dispositif médical prescrit dans les règles. La prise en charge dépend ensuite du type de chaussure, de la base LPP, de votre situation médicale et de votre mutuelle. Avant d’acheter, il faut donc distinguer une chaussure sur mesure, une chaussure thérapeutique de série et une chaussure de confort.

Ce qui peut vraiment être pris en charge

Le remboursement ne dépend pas du prix payé ni du confort ressenti, mais de l’inscription du dispositif à la Liste des Produits et Prestations, appelée LPP. C’est cette liste qui sert de référence à l’Assurance Maladie pour dire si la chaussure est remboursable et sur quelle base.

Calcul du reste à charge

Estimez votre reste à charge pour vos chaussures orthopédiques.

Note pédagogique : Ce calcul est une estimation et ne remplace pas un devis officiel. La prise en charge réelle dépend de la référence LPP exacte de l’appareillage et des conditions spécifiques de votre contrat de complémentaire santé.

Chaussures orthopédiques sur mesure

Les chaussures orthopédiques sur mesure sont prévues lorsque une chaussure classique, même adaptée, ne suffit pas. Elles sont fabriquées pour répondre à une déformation importante, à une différence de longueur, à une pathologie neurologique, rhumatologique, diabétique ou à toute autre atteinte qui nécessite un appareillage spécifique. Elles relèvent du grand appareillage et passent généralement par un podo-orthésiste.

Leur remboursement est possible si la prescription médicale justifie le besoin et si le modèle délivré correspond à une ligne LPP. Les bases peuvent atteindre 735,04 € ou 808,94 € selon la catégorie concernée. Cela ne veut pas dire que vous n’aurez rien à payer, car tout dépend du taux appliqué et du complément éventuel de votre mutuelle.

CHUT, CHUP et chaussures de confort : ne pas les confondre

Les chaussures thérapeutiques de série se répartissent notamment entre les chaussures thérapeutiques à usage temporaire, ou CHUT, et les chaussures thérapeutiques à usage prolongé, ou CHUP. Les CHUT accompagnent une situation limitée dans le temps, par exemple après une intervention, une plaie ou un épisode aigu. Les CHUP répondent à un besoin plus durable, lorsque le chaussage doit rester médicalement adapté sur une période prolongée.

Les chaussures de confort, même si elles facilitent la marche, ne sont pas remboursées si elles ne sont pas reconnues comme dispositif médical inscrit à la LPP. C’est une confusion fréquente : une chaussure large, souple ou agréable à porter n’est pas automatiquement une chaussure orthopédique remboursable.

Type de chaussure Usage principal Remboursement possible
Chaussures orthopédiques sur mesure Appareillage personnalisé pour pathologie ou déformation importante Oui, sur prescription et base LPP
CHUT Usage temporaire après un épisode médical précis Oui, si indication médicale reconnue
CHUP Usage prolongé pour chaussage thérapeutique durable Oui, selon prescription et LPP
Chaussures de confort Confort quotidien sans statut de dispositif médical remboursable Non, sauf cas particulier inscrit à la LPP

Les conditions à respecter avant l’achat

La règle la plus importante est simple : la prescription médicale est obligatoire. Acheter d’abord puis demander un remboursement ensuite expose à un refus, même si la chaussure semble adaptée. Le parcours doit être médicalement justifié dès le départ.

Qui peut prescrire ?

Selon le type de dispositif et la situation, la prescription peut venir d’un médecin spécialiste ou d’un médecin généraliste. Pour une première paire de chaussures orthopédiques sur mesure, l’exigence est généralement plus encadrée, car l’Assurance Maladie doit vérifier que le besoin relève bien d’un appareillage médical. Le renouvellement peut suivre des règles différentes, mais il reste lié à une prescription conforme.

Dans certains dossiers, des documents spécifiques peuvent être demandés, notamment le cerfa 12042*02 pour les demandes liées au grand appareillage. Le professionnel qui délivre les chaussures, comme le podo-orthésiste, aide souvent à vérifier les pièces nécessaires avant transmission à la CPAM ou à la MSA.

ALD, accident du travail et taux de prise en charge

Le taux habituel de remboursement par l’Assurance Maladie est de 60 % de la base de remboursement. Dans certains cas, la prise en charge peut atteindre 100 %, notamment lorsque les chaussures sont en lien direct avec une affection de longue durée, une ALD, ou avec un accident du travail, souvent abrégé AT.

La nuance est importante : être en ALD ne signifie pas automatiquement que toutes les chaussures seront remboursées à 100 %. Le lien avec la pathologie doit être reconnu. À l’inverse, une personne non concernée par une ALD peut tout de même obtenir une prise en charge à 60 % si le dispositif est prescrit et remboursable.

Combien peut rembourser l’Assurance Maladie ?

Le remboursement se calcule sur une base officielle, et non sur le prix affiché par le fournisseur. Cette base est appelée base LPP ou BRSS selon les usages. Si une chaussure coûte plus cher que cette base, la différence peut rester à votre charge, sauf intervention de la mutuelle.

Des montants très variables selon le dispositif

Pour certaines chaussures thérapeutiques de série, les bases peuvent être plus modestes : 25,88 €, 28,86 €, 28,05 €, 50,62 €, 55,02 € ou 71,65 € selon le type de modèle et la référence LPP. Pour des chaussures orthopédiques sur mesure, les bases sont nettement plus élevées, avec des montants de 735,04 € ou 808,94 € selon les catégories.

Des éléments associés peuvent aussi être prévus, comme certaines réparations. Le cadre de remboursement peut aller jusqu’à 3 réparations par an, avec des bases pouvant notamment inclure 98,98 € ou 118,98 € selon la prestation concernée. Là encore, il faut se référer à la ligne LPP exacte pour connaître la prise en charge applicable.

Situation Base ou règle à vérifier Part Assurance Maladie
Chaussure thérapeutique de série Bases possibles de 25,88 € à 71,65 € selon référence 60 % ou 100 % selon situation
Chaussure orthopédique sur mesure Bases possibles de 735,04 € ou 808,94 € 60 % ou 100 % selon ALD, AT ou autre cas reconnu
Réparations prises en charge Jusqu’à 3 réparations par an selon conditions Selon base LPP applicable

Exemple de lecture du remboursement

Si une paire est inscrite sur une base de 735,04 € et remboursée à 60 %, l’Assurance Maladie intervient sur cette base, pas forcément sur le prix total facturé. La part restante correspond donc aux 40 % non pris en charge sur la base, auxquels peut s’ajouter un éventuel dépassement si le prix de vente dépasse la base LPP.

Pour éviter les mauvaises surprises, demandez toujours un devis indiquant clairement la référence LPP, la base de remboursement, le taux attendu et le montant restant avant complémentaire santé. Vous pouvez aussi consulter la rubrique ameli.fr ou la base de recherche de la Liste des Produits et Prestations pour vérifier une référence.

Renouvellement : âge, délai et nombre de paires

Le remboursement d’une nouvelle paire n’est pas libre. Il dépend de l’âge du patient, de la date de dernière prise en charge et du type de chaussure. Cette règle évite les renouvellements trop rapprochés, mais elle tient compte de la croissance chez l’enfant et de l’évolution médicale.

Adultes et enfants : des rythmes différents

Chez l’adulte, la règle courante est d’une paire par an lorsque le renouvellement est justifié. Lors de la première année, 2 paires peuvent être prises en charge dans certains cas afin de permettre l’alternance, l’adaptation et l’usage quotidien sans usure excessive.

Pour les moins de 18 ans, le renouvellement peut être plus fréquent, avec 2 paires par an selon les conditions prévues. Pour les enfants de moins de 6 mois, la croissance très rapide impose une vigilance particulière : le calendrier doit être discuté avec le prescripteur et le professionnel d’appareillage pour rester compatible avec les règles de prise en charge.

Le parcours de remboursement demande de suivre plusieurs étapes dans l’ordre : prescription, devis, référence LPP, accord éventuel, fabrication ou délivrance, facturation, remboursement, puis renouvellement. Si une étape manque ou si la catégorie de chaussure est mal identifiée, le reste à charge peut augmenter. La bonne méthode consiste à vérifier d’abord l’indication médicale, puis la catégorie exacte de chaussure, puis le taux, puis la mutuelle. Cette vérification évite de se concentrer seulement sur le prix affiché.

Mutuelle, tiers payant et solutions si le reste à charge est élevé

La mutuelle santé intervient après l’Assurance Maladie. Son rôle est de compléter tout ou partie du reste à charge, selon le contrat souscrit. Deux contrats qui couvrent bien le dentaire ou l’optique ne remboursent pas forcément de la même manière l’appareillage orthopédique : il faut regarder la ligne dédiée aux dispositifs médicaux, au grand appareillage ou aux prestations remboursées par la Sécurité sociale.

Ce qu’il faut demander à sa complémentaire

Avant validation du devis, transmettez-le à votre mutuelle et demandez une réponse écrite. Les points à vérifier sont le pourcentage de prise en charge par rapport à la BRSS, l’existence d’un forfait annuel, la prise en compte des dépassements et la possibilité de tiers payant. Le tiers payant permet parfois d’éviter l’avance de frais sur la part Assurance Maladie et, si le professionnel est conventionné avec votre mutuelle, sur une partie complémentaire.

  • Vérifiez que l’ordonnance est datée avant l’achat.
  • Demandez la référence LPP et la base de remboursement.
  • Faites établir un devis détaillé avant fabrication ou délivrance.
  • Envoyez le devis à la mutuelle pour connaître le complément exact.
  • Conservez facture, feuille de soins et justificatifs transmis à la CPAM ou à la MSA.

En cas de reste à charge trop important

Si le montant final reste difficile à financer, il est possible de se renseigner auprès de sa caisse d’assurance maladie sur une aide financière individuelle. Cette aide n’est pas automatique : elle dépend de la situation personnelle, des ressources et du caractère nécessaire du dispositif. Elle peut néanmoins être utile lorsque le besoin médical est établi et que la mutuelle ne couvre pas suffisamment les 40 % restants ou les dépassements.

La meilleure stratégie reste d’anticiper. Un remboursement de chaussures orthopédiques se sécurise avant l’achat, avec une prescription conforme, une référence LPP identifiable, un devis lisible et une réponse de la mutuelle. Cette préparation prend un peu de temps, mais elle évite les refus et permet de connaître le coût réel avant de s’engager.

Élise Caradec

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